mardi 26 février 2013

Révolution dans le monde des contes pour enfants.


Aujourd'hui j'ai trouvé une Pierre précieuse. Au sens littéral du terme, pas la perle, pas l'âme soeur. Une Pierre précieuse.

Au travers d'une rue, avec mon habituel flegme, je cherchais une occupation pour la journée, une opportunité à saisir. Puis je l'ai vu. Insignifiante, ridicule, vulgairement perdue sur un trottoir.
 Incroyablement, personne n'y prêtait attention, ou peut être que les passants ne voyaient en cette Pierre qu'un bibelot sans valeur. Ce n'était pas mon cas, et je n'étais pas le moins opportuniste de mes contemporains. Je m'approchais  donc furtivement. 

Quand mon regard s'était posé sur cet inhabituel déchet, un désir malsain de possession m'avait entièrement envahi. 
Je me savais coutumier du fait, tant en amour qu'en amitié, je n'étais pas un modèle de fidélité et d'altruisme; d'ailleurs je m'était toujours dis que si toute chose était bonne à prendre, toute personne aussi. Seul m'importait mon bonheur et j'étais en permanence en quête de plaisir immédiat. Mes relations avec l'homme n'étaient liées  qu'à mon opportunisme et mon désir d'attention. Mon égo était sans doute démesuré, mais après tout la fortune me souriait toujours, et ce nouveau jouet en était un bon exemple.

Je la rejoins enfin, en pris possession avec arrogance et un air faussement indifférent.
Pierre précieuse. Comment une chose aussi insignifiante  pouvait elle avoir un nom aussi long? 

Peu m'importait. Je ressentais une intense satisfaction, mais savait que ce sentiment serait de courte durée, la lassitude ne tarderait pas à repointer le bout de son nez. Je décidai donc qu'en fin de la journée, je l'abandonnerai à nouveau à son sordide morceau de trottoir, puis je repartirai en quête de quelque chose de plus digne d'intérêt.














Petit travail sur le rapport entre image et mots, et l'idée que l'image peut apporter un élément de compréhension supplémentaire, un autre niveau de lecture. 
Et écrire une histoire type "conte pour enfants" qui pourrait s'appeler "le chat et le trans", ça vaut quand même le coup. 

mercredi 6 février 2013

On m'impose un nouvel arrivant. Et bien soit.




En période de Chandeleur et après la découverte du Breizt cola, la plus importante membre de l'équipe saucisson a souhaité apporter sa contribution au centre des joyeux croutons. 

Désormais, le mythe de Papigouden fera partie des faits marquants et impérissables de la fameuse maison de retraite. Le détail de son histoire et sa petite "cabanacrep" vous seront présentés au plus tôt, si les astres sont favorables à son apparition.


samedi 26 janvier 2013

Quand je dors, les monstres vont dans ma tête.





La semaine dernière, j'ai rêvé d'un homme qui s'arrachait le visage. Il n'avait pas l'air d'éprouver la moindre souffrance puisque la douleur physique qu'il ressentait était infime en comparaison de la douleur mentale que lui provoquait son reflet dans le miroir.

J'aime autant qu'il soit sur ce blog que dans mes rêves, ce genre d'attitude a tendance à me rendre passablement mal à l'aise. Et qu'il se tienne tranquille.

mardi 22 janvier 2013

Un petit geste d'affection



John la gargouille. Légèrement malveillant, relativement dérangeant, probablement incontrôlable. 

Ce pensionnaire de longue date du Centre des Joyeux croutons n'a jamais brillé par sa conversation, mais ne manque pour autant pas une occasion de faire part de ses ressentis. D'aucuns qualifieraient son attitude "d'antisociale" (dixit l'infirmière) d'autres, moins patients, le qualifieraient de "dégénéré puant" ou de "schizophrène irrécupérable" (dixit mamie Chantal). Il fugue de temps à autre et porte en permanence une blouse sur laquelle figure ses nom et adresse afin d'éviter tout trouble majeur au sein de la population. On ne lui a pourtant jamais reconnu d'attitude dangereusement agressive! Mais ses tendances à renifler, fixer, suivre ou palper les crâne des passants provoquent généralement un profond malaise. 

Le professeur Froeudipe, éminent psychologue, analyse cette volonté de contact comme "étant le fruit d'un désir réminiscent de s'adonner à des actes cannibales. Ou peut être juste un profond manque affectif.".  Ces intéressantes théories sont cependant à modérer: ancien blanchisseur, John fut amené à tester des centaines de marques de lessives pendant plus de quarante ans. Profondément déprimé et trop pauvre pour sombrer dans l'alcool, il se mit à boire quotidiennement de l'adoucissant (non dilué) provoquant l'annihilation totale de ses facultés cognitives. Ce travers gâcha probablement sa vie, mais l'assura d'une haleine lavande-mimosa jusqu'à la fin de ses jours.